L’attaque des Zombies : ça peut nous arriver ? Contagion!

Par   novembre 1, 2011

Partie II : Contagion ! Voir la partie I: Propagation!

Pour savoir si une épidémie pourrait facilement se propager, reprenons les évènements survenus au XVIII, à Marseille.

Crédits: Lacroix de Marseille

En 1720, le Grand-Saint-Antoine, un bateau en provenance de Syrie, accoste à Marseille.

Sa cargaison constituée de riches et coûteuses étoffes, destinées à être vendue aux prix fort sur les marchés du Languedoc, notamment à la foire de Beaucaire. Ce que le capitaine de l’équipage sait et tente de dissimuler, est que: cette cargaison est hautement contaminée.

Alors que la casi totalité de l’équipage à été décimé (dont le médecin de l’équipage- owned) et qu’il ne reste plus que quelques matelots à bord.
Qu’en dépit d’une connaissance du fléau, et malgré des dispositifs de protection très stricts, comportant notamment la mise en quarantaine (patente) des passagers et des marchandises ; le bateau est autorisé à accoster (le refus d’accoster se solderait par une dégradation des biens) – et ses passagers à faire passer leur linges (évidement contaminé) pour qu’il soit nettoyé en ville…

La ville touchant une commission sur le déchargement des étoffes, les intendants de santé n’ont pas été très regardant (car une partie de la cargaison appartient justement à l’un des intendants… vous le voyez le gros conflit d’intérêt là?).

Les accords officieux avec l’industrie pharmaceutique n’existant pas à l’époque, une campagne de prévention à la Roselyne Bachelot eut été inutile. En plus, la fourbe maladie, n’est pas encore inquiétée par les antibiotiques, qui sont alors inexistants.

La maladie se propage insidieusement d’une façon fulgurante. Invisible, mais tentaculaire.

Les habitants ignorent les premiers faits suspects : les personnes contaminées succombent en quelques heures ! Mais les premiers touchés sont aussi le habitants les plus pauvres, dont la ville ne fait peu cas…
Nous sommes en plein été, et il y a des dizaines de morts par jour.
Les médecins tardent à identifier l’épidémie – il y a plus d’une centaine de morts par jour. Ils sont en outre gênés par les intendants stipulant que tout va bien, et que les morts n’ont en fait eu qu’une simple fièvre aggravée par leur misérable conditions de vie.
Les intendants refusent de reconnaitre la gravité de la situation et s’obstinent – il y a plusieurs centaines de mort par jour.
Survient alors un très violent orage. Le plus violent jamais vécu par les habitants et perçu en outre comme un très mauvais présage…
Toutes superstitions mise à part, cet orage pousse les rats porteurs de la peste à fuir les bas quartiers et envahir toute la ville, la peste se propage alors plus rapidement et férocement que jamais.

Rapidement, il y a 1000 morts par jours et la ville, cette fois l’épidémie s’est propagée dans tous les quartiers, et le vernis du déni commence lentement à s’effriter: c’est bien plus grave qu’une « simple fièvre ».

Crédits: Poussin

Lorsque la ville admet être dépassée, il est déjà trop tard, l’épidémie démesurée est présente partout.
Marseille est mise en quarantaine. Le commerce est bloqué, les échoppes ne sont plus approvisionnées, puis ferment complètement, les routes sont coupées, les religieux fuient les églises, tout le monde se méfie de tout le monde. La nourriture devient rare et est plus difficile à trouver qu’un politicien honnête.

Les quartiers déshérités et les plus anciens sont les plus touchés. Le fléau s’étend rapidement dans la cité où elle entraîne entre 30 et 40 000 décès sur 80 à 90 000 habitants, puis en Provence où elle fait entre 90 000 et 120 000 victimes sur une population de 400 000 habitants environ.
En ramenant ces chiffres aux proportions d’aujourd’hui (une ville de 2 millions d’habitants), la mortalité aurait été de 880 000 habitants!

Quand la courbe descend, c'est parce qu'il n'y a presque plus de vivants à contaminer.

Au total c’est plus d’un tiers de la population qui fut décimée (sur cette épidémie, sur d’autres, la mortalité dépasse les 50%) en seulement quelques semaines (les chiffres ne mentionnent pas les décès indirectement liés : malnutrition, blessures, etc). Traumatisés, certains tentent de survivre dans des cavernes au nord de la ville. Les survivants, abandonnés, n’ont plus accès à l’eau et à la nourriture. Les personnes contaminées sont jetées à la rue par leur propre famille.

La ville devient monstrueusement ingérable, les cadavres s’entassent dans toutes les rues, la chaleur aggrave la décomposition de cadavres, la puanteur est insoutenable, les vivants, isolés et oubliés, sont face à un chaos indescriptible.

Dans toute l’histoire de France, cette épidémie fur le seul cas, ou le roi intervint afin de couper la Provence du reste de la France. Toute personne tentant de forcer la ligne sanitaire était fusillée par les gardes postés sur le mur (entre la Durance et le Mont Ventoux) de la quarantaine.

Curieusement, très peu de textes mentionnent la douleur causé par la peste, douleur pourtant bien réelle et même insoutenable. Cette « omission » est dûe au fait que la contagion était en soi, plus horrible que la souffrance provoquée par la peste.

Ceci date de l’été 1720, pourtant, les conditions de propagation de l’épidémie pourraient se dérouler exactement de la même façon de nos jours…

Liens:
Wiki Marseille 1720
E-book Marseille 1720
Le Blog du Dr WO
Luberon: Marseille 1720

Au XXIième siècle, en Europe ou ailleurs, la propagation d’une maladie grave et hautement contagieuse se déroulerait sur le même schéma : pour protéger ses propres intérêts, les contrôles sanitaires seraient biaisés.
Ceci nous amène donc aux …

ZOMBIES !!!!!! (part-2) – Voir la partie 1.

Quel rapport avec la peste ? me direz-vous.

L’exemple de la propagation de la peste sert à illustrer qu’une maladie infectieuse: virus ou bactérie comme la peste, peut créer un chaos difficilement gérable et impossible à freiner. Les failles dans les contrôles sanitaires sont réelles!

Pour que ce genre d’épidémie soit possible il faudrait qu’un virus ou bactérie (ou un parasite, ou un champignon) soit extrêmement contagieux/se et avec une très rapide durée d’incubation (quelques heures à quelques jours) et extrêmement virulent. Pour simplifier, on va plutôt choisir un virus/bactérie qui contamine l’être humain et les animaux (dans certains films – et dans la réalité, beaucoup de maladies passent des animaux à l’humain (zoonoses)).

Le vrai visage de l'horreur.

L’épidémie (augmentation rapide de l’incidence d’une maladie) évoluerait ensuite en pandémie (est une épidémie présente sur une large zone géographique).
Avec la peste, s’ajoute quelques « candidats » intéressants qui ont créé un chaos similaire à celui d’une hypothétique épidémie Zombie:

La Fièvre Q (bactérie) -> Pour la maladie infectieuse la plus contagieuse au monde : La transmission de l’infection se fait par voie aérienne par l’inhalation de particules contaminées en suspension dans l’air entre autres.

Il est admis qu’il s’agit de la maladie infectieuse probablement la plus contagieuse qui existe, car un être humain peut être infecté par une bactérie unique. La forme chronique est plus difficile à traiter et peut nécessiter jusqu’à quatre ans de traitement avec la doxycycline et les quinolones ou la doxycycline avec l’ hydroxychloroquine. L’agent pathogène peut être retrouvé partout dans le monde à l’exception de l’Antarctique et de la Nouvelle Zélande. Historiquement le terme « Q » pour « question » a été choisi à un moment où l’agent causal de l’affection était inconnu.

Curieusement en France, les cas jugés a priori « sporadiques » semblent ne faire l’objet d’aucune surveillance particulière, même dans un contexte d’épizootie connue et reconnue.


La Rage (virus) -> Pour la période d’incubation la plus rapide : et pour le virus présentant le plus de similitude avec une épidémie zombie, en effet, l’individu infecté est agressif et tente de mordre ses semblables.
Dans plusieurs films de zombies (28 jours plus tard), le virus de la rage aurait muté pour se transformer en virus Z!

Suite au contact éventuellement contaminant, le virus ne met que quelques heures à atteindre le système nerveux central. Il est reconnu que plus le point d’entrée du virus est proche du cerveau, plus l’évolution sera rapide. La rage est une maladie presque constamment mortelle chez l’homme lorsqu’apparaissent les premiers signes. Les cas de survie sont tout à fait exceptionnels. En revanche, la vaccination antirabique pratiquée entre la contamination et l’apparition des premiers signes est très efficace.

Spécifiquement chez l’humain se développe également en fin d’évolution une hydrophobie : la vue de liquide provoque une peur non raisonnable, alors que le contact entraîne des sensations de brûlures insoutenables. La mort, inévitable, survient de deux à dix jours après les premiers symptômes.

La grippe espagnole (virus) -> Pour sa contagion fulgurante et son taux de mortalité. Une très forte contagiosité : une personne sur deux est contaminée. Elle se caractérise ensuite par une période d’incubation de 2 à 3 jours,
Elle serait la pandémie la plus mortelle de l’histoire dans un laps de temps aussi court, devant les 34 millions de morts (estimation) de la peste noire (la grippe espagnole à récemment été réévaluée; passant de 30 millions de morts à 100 millions!).

Son surnom « la grippe espagnole » vient du fait que le roi Alphonse XIII d’Espagne en sera gravement malade (en juin 1918, 70% de la population madrilène fut contaminée en l’espace de trois jours), ce qui a contribué à rendre publique cette épidémie. De plus, seule l’Espagne — non impliquée dans la Première Guerre mondiale — a pu, en 1918, publier librement les informations relatives à cette épidémie. Les journaux français parlaient donc de la « grippe espagnole » qui faisait des ravages « en Espagne » sans mentionner les cas français qui étaient tenus secrets pour ne pas faire savoir à l’ennemi que l’armée était affaiblie.

• L’ebola : le virus se transmet à partir d’animaux sauvages (notament en ingérant de la viande de brousse) et se propage interhumainement par contacts avec les fluides corporels de personnes présentant les symptômes de la maladie (à l’issue de la période d’incubation).
Il n’existe pas de vaccin ni de traitement spécifique homologué et la prise en charge des personnes gravement atteintes repose sur des soins palliatifs intensifs.

Le virus Ebola sature tous les organes et les tissus à l’exception des os et des muscles moteurs. Plus l’infection progresse, plus les caillots sont nombreux, bloquant alors l’arrivée sanguine dans les divers organes du corps. Des parties du cerveau, du foie, des reins, des poumons, des testicules, de la peau et des intestins se nécrosent, car elles souffrent d’un manque de sang oxygéné.

Une des particularités du virus Ebola est la brutalité avec laquelle il s’attaque aux tissus conjonctifs. Il affecte le collagène de la structure de la peau. Les sous-couches de la peau meurent et se liquéfient. À ce stade, le simple fait de toucher la peau la déchire tant elle est amollie.

Les survivants peuvent rester contagieux jusqu’à sept semaines après leur rétablissement clinique.
L’ebola peut avoir un taux de létalité de 90%.


C’est donc seulement en étudiant la famille des grippes, dans leur ensemble, que l’on peut en comprendre ses mécanismes qui se résument à ceci :

• Une contagiosité très forte, induisant un comportement épidémique ou pandémique,
• Une variabilité forte, entraînant une virulence variable ainsi que l’inefficacité de l’immunisation d’une année sur l’autre,
• La virulence de cette souche particulièrement grande (grave affaiblissement), ainsi que ce virus affaiblit les défenses immunitaires, il n’est pas source de décès, ce sont les complications qui accompagnent la grippe qui sont mortelles en fonction du degré d’affaiblissement de l’organisme.
• L’absence d’antibiotique (qui n’aurait pas stoppé la maladie virale mais seulement les complications bactériologiques) fut également déterminante.

Il est aussi à noter, vu le cycle de réapparition des épidémies de grippe mortelle s’espaçant, au maximum constaté, de 39 ans, la dernière datant de 1968, l’OMS prévoit « statistiquement » l’apparition d’une pandémie mortelle d’ici 2010 à 2015.

NB: Ces articles sont longs à rédiger (recherches, sources, vérifications, reformulations, etc), si vous me citez merci de mettre le blog en lien.

Et maintenant on fait quoi? Que faire si ça arrive en vrai???
Que faire en cas d’apocalypse ou d’épidémie Zombies ??? 15 conseils pour survivre à la fin du Monde !

4 commentaires sur “L’attaque des Zombies : ça peut nous arriver ? Contagion!

  1. Pingback: L’attaque des Zombies : ça peut nous arriver ? Hypothèse de propagation! | Strategical's Blog

  2. draft software free

    Ça vous dérange si je cite un couple de vos articles aussi
    longtemps que je fournis crédit et sources vers votre page Web?
    Mon blog est dans le même créneau que le vôtre et mes utilisateurs serait vraiment bénéficier d’une grande partie des informations que vous fournissez ici .
    Se il vous plaît laissez-moi savoir si cela ok avec vous
    . Merci beaucoup!

    Aussi, visitez mon site web … draft software free

    1. Strategical Blog Auteur du billet

      Tant que je suis citée et qu’il s’agit d’un exctrait de l’article (pas l’article complet), ça me va.

  3. Pingback: Que faire en cas d’apocalypse ou d’épidémie Zombies ??? 15 conseils pour survivre à la fin du Monde ! | Strategical Blog

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