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Pourquoi Idiocracy est un film prophétique ?

Je l’avais déjà mentionné dans ce sujet : Idiocracy (aka Planet Stupid), est un film prophétique.

Le film à l’air à première vue, d’être une comédie lourdingue, ce n’est pas un grand film, l’humour n’est pas des plus subtils.

Mais, quand on le regarde « en profondeur » on se pose des questions, car le film a deux lectures, dont une satire de la société américaine avec de nombreux clins d’oeil et ce petit truc en plus qui le classe au rang des films cultes.

Mesdames et Messieurs: le président! TADAAAA!!!

Après une expérience scientifique qui a mal tournée (comme toutes les expériences scientifiques, dans les films) Joe et Rita se retrouvent en 2500.

Ils découvrent une société totalement abêtie où le QI moyen de l’humanité a tragiquement baissé cours des siècles, à cause d’un « schéma de sélection naturelle inversée » ou effet dysgénique.

Dans le film, l’anti-intellectualisme a triomphé. Et je dois dire qu’on est très bien parti pour…

Nous vivons dans un monde où l’humain est de moins en moins capable de prévoir les conséquences de ses actes et se comporte de plus en plus comme un animal (sans vouloir insulter les animaux, s’ils me lisent – sait-on jamais).

Les piliers de la société…


Dès l’enfance, l’intelligence n’est pas valorisée : c’est à l’élève de s’adapter à un programme sclérosé, alors que cela devrait être l’inverse.

A moins de vivre en Finlande, le système académique est pourri.

• Tout d’abord, les élèves plus vifs ne peuvent que sauter des classes. Quand bien même, ça ne règle pas la question ; leur faudrait un enseignement personnalisé. Pareil pour les élèves qui ne suivent pas pour diverses raisons : faire redoubler n’est pas une solution, le problème peut venir d’un manque de pédagogie.

• Les matières enseignées sont rébarbatives, ternes et inutiles, on maintient l’humain dans un état de paresse intellectuelle, dès l’entrée en primaire.

Exemple, en philo : on doit recracher des raisonnements appris par cœur, et non pas « philosopher ». Si l’élève émet un raisonnement personnel, l’enseignant lui demande pour qui il/elle se prend (oui, c’est du vécu…).

• Une formation aux premier secours, au survivalisme, ou au droit civil n’est pas dispensée.
Des cours sur l’hygiène, et les bonnes manières, ça ne serait pas du luxe, non plus ! (dédicace à tous ceux qui prennent les transports en commun).

Un monde plein de finesse…

• A l’université en France, il est impossible de suivre des cours de filières différentes ; on fige les étudiants dans un secteur avec pratiquement aucune possibilité d’obtenir une double (triple) compétence.

-> On tue la polyvalence.

• Le coût des études crée une sélection filtrant les classes pauvres et moyennes.

• La compétence, le sérieux et les diplômes ne sont pas valorisés. De nombreux secteurs utiles et demandant un savoir-faire sont exterminés: exemple, les chercheurs sont payés un SMIC, tandis qu’on oblige les pharmaciens à vendre les médicaments génériques au lieux du princeps -> on tue la recherche.

• Dans le monde du travail et à l’école, les activités sont chronophages mais peu stimulantes intellectuellement. Toute créativité ou initiatives est rabaissée.

Une monnaie encore moins fiable que le Pokédollar…


• On privilégie la quantité sur le qualité : en incitant à la procréation, mais en dénigrant la qualité de l’éducation. A quoi sert d’avoir plusieurs enfants, si les parents ne peuvent les élever correctement? (pour les aides, je sais)

• On déprécie la réflexion; cf les remarques comme « se prendre la tête » = « moins on réfléchit plus on est cool ? » . Cf les slogans de Diesel : ‘Be Stupid’ (du soit disant second degré, moi je le trouve insultant pour les consommateurs, mais chacun son avis, hein).
Ca rejoint l’invasion de la publicité sur tous les médias possibles, j’ai besoin de développer..?

• Les personnes différentes sont forcée d’entrer « dans le moule », on déconsidère toute excentricité : il faut être normal et banal, comme « tout le monde ».

• On est gouverné par une bande de c*nnards (cumulant les mandats, soit dit en passant, tandis que la population voit son pouvoir d’achat constamment amoindri) et on trouve ça normal.

• On tire les capacités des gens vers le bas.

Et pour finir: 2081, je vous le conseille.


A voir également, plus sombre, plus triste, mais dans le genre « Si on continue comme ça, on va droit dans le mur… » : le film 2081 (Court de Chandler Tuttle sur une nouvelle de Kurt Vonnegut), durant 26 minutes et racontant ce qui se passera si l’on continue de tirer les capacités des gens vers le bas.

J’ai été sidérée par l’impact d’un film aussi court (surtout qu’avant de le regarder, je me suis dit : ouais, un film de 26 minutes, ils ne pouvaient pas développer un peu plus ? Hînhînhîn).

2081, je l’ai trouvé très pertinent et pas du tout exagéré par rapport à mon ressenti sur la façon dont les gens talentueux et différents sont bridés par la société.

Vous trouvez vraiment que le marketing d’aujourd’hui fait mieux?