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Tenir un blog : Méfiance et Contrefaçons

Vous vous souvenez de l’article : Tenir un blog : Arnaques et Trahisons ?

Parce que si certaines personnes continuent à se surpasser et s’obstinent à vouloir repousser les limites des demandes les plus tordues, la rubrique « Tenir en blog » va devenir récurrente.

(Et je ne mentionnerai même pas ce message)

Après un teasing de fou sur Twitter, je vais vous parler d’une certaine Mélanie D******, autoproclamée étudiante en Chine et qui contacte plusieurs blogs en ce moment !

J’ai récemment reçu un mail de Mélanie D. qui se présente comment étudiante en master 2, à l’ESSEC et actuellement en échange avec l’université de Pékin.

Jusque là, rien de trop bizarre, je reçois souvent des mails d’étudiants.
Mélanie donc (puisque tel est son pseudo) veut être consultante en Chine et veut obtenir de l’expérience en rédaction d’article sur le net.
Elle propose donc gratuitement des articles insipides aux webmasters de sites/blogs : Marketing/Business/Asie/Chine.

Ses mails :

Je m’appelle Mélanie, je suis actuellement étudiante en Chine et je recherche des blogs où je pourrais poster certains des mes articles. Je recherche notamment des blogs en relation plus ou moins étroite avec des sujets d’actualité (les sujets peuvent être très variés et toucher à tout) à partir desquels je crée des articles tout en restant bien entendu dans les thèmes de votre blog. Je peux également rédiger un article sur votre demande. J’aimerais donc savoir si vous seriez potentiellement intéressé(e) à publier l’un de mes articles via votre blog, que je trouve très plaisant.

Mon blog est en effet « très plaisant ». Bien que louable, je trouve la demande un peu étrange : pourquoi n’ouvre-t-elle pas un blog elle-même ou bien un compte sur un magazine collaboratif ?

C’est plus simple que de se fatiguer à envoyer des mails sur le net (surtout pour la seconde option avec un magazine collaboratif).
Mais Mélanie qui prétend être très intéressée par mon merveilleux site, répond de façon évasive à mes (nombreuses) questions :

(…) Je souhaite simplement acquérir de l’expérience pour apporter une plus value à mon projet professionnel. Je souhaite devenir Consultante spécialisée sur la Chine et je sais qu’avoir de l’expérience dans la rédaction d’articles est essentielle.

Bon, bah, ça m’a l’air captivant, tout ça…


Je ne suis pas contre le fait de publier un article venant d’une autre personne (le ‘guest-post’ étant courant sur les blogs, you know what I mean), mais j’aimerai connaitre au mieux la personne avant de publier quoi que ce soit.

Comme elle dit être en échange à Pékin, je lui demande un article sur sa vie là-bas, ses impressions, les difficultés pour rechercher un logement, l’intégration, etc. C’est toujours intéressant et utile pour les étudiants ou les voyageurs.

Je googlise quand même son nom.

A partir de là plusieurs points sont suspect :

• La demoiselle est presque inconnue sur le net ;
• Son profil LinkedIn est d’une imprécision déroutante (qui s’avérera être totalement faux avec une photo et un parcours volé à une autre étudiante de l’IAE de Poitier qui se prénomme Eloïse).
• Je trouve un de ses articles sur un autre blog ; article que je trouve d’une niaiserie incroyable par rapport à son prétendu niveau (pour rappel : deuxième année de master, dans l’une des meilleures et plus sélectives écoles supérieures de commerce de France).
• Pour une future consultante, elle est complètement à coté de la plaque sur l’actualité entrepreneuriale en Chine.

• NB : les deux seuls articles publiés trouvés sur le net comportent des back-links étranges et non-pertinents ou sont un éloge d’entreprises plus que douteuses.

Bref, j’ai déjà comme qui dirait, un doute …

Toujours écouter son intuition.

J’attends la suite, pressentant le climax des demandes les plus pourries par mails.

Quand je reçois l’article, j’ai l’impression d’être passée dans la quatrième dimension …

C’est. . . une . . . abomination . . .

Il y a des problèmes tant sur la forme que aussi le fond:
Déjà, l’article est bourré de fautes, et ce, dès le premier mot… !

Je suis la première à laisser passer des fautes dans mes articles, mais là ont atteint les sommets de l’humainement tolérable !

Non seulement l’orthographe lamentable, mais aussi des confusions de mots, des mélanges « ce » et « se », « c’est » et « s’est » et aussi des coquilles comme « carte » au lieu de la conjonction « car », elle écrit « attendez-vous à quelques contradictions » au lieu de « attendez-vous à quelques contrariétés » …!

Des fautes même dans le titre ! Au premier mot.
AU PREMIER MOT !!!! (et à beaucoup d’autres aussi)

L’original et la contrefaçon.


Sur le fond, c’est la quintessence de la balourdise ; un article d’une platitude, d’un ennui et d’un vide intersidéral…

C’est bourré de poncifs crétins, du style : « Si vous avez les moyens, vous pourrez vous louer un appart mieux, que si vous n’avez pas trop de moyens » (en corrigeant les fautes)

Hînhînhîn, merci, « Mélanie » ! On n’aurait pas deviné tous seuls !

Ca ne fait pas « vécu » : on a l’impression de lire un mélange entre une liste de courses et des extraits de faits divers recopiés sur des sites de presse racoleur (elle a même oublié d’enlever la mention « Chinese News » sur son prétendu vécu, la crétinette !).

Pire, les explications sur les chocs culturels sont inexactes. Avec des omissions surprenantes pour une étudiante en Chine…
Pour avoir discuté avec des étudiants partis au même endroit qu’elle, son article indigent et indigeste me laisse perplexe.

Il y a également des liens abscons : vers une entreprise de peignoir (véridique) ainsi que vers un tour operateur chinois… Des liens commerciaux qui n’ont rien à faire dans ce type d’article.

Des fautes, des poncifs, des niaiseries, encore des fautes, de la pub, des trucs glauques et racoleurs, WTF!!! Exactement le genre de torchon qu’auraient pu pondre des candidats de téléréalité… S’ils savaient écrire !

Hum.


Il apparait clairement qu’elle n’a pas le vocabulaire spécifique employé par les étudiants de cette filière (marketing, commerce, finance, etc – je pense être bien placée pour en juger), ni le niveau pour un master. Ni de vocabulaire tout court.

J’essaye de lui dire avec un maximum de tact (vous savez que ça me demande un effort surhumain), mais assez clairement, que bon c’est bien gentil, mais l’article n’est pas d’un niveau publiable.

Je tente de lui expliquer que je ne suis plus intéressée par sa proposition, que je n’ai pas le temps de corriger ses fautes et lui envoie un lien de magazine collaboratif.

Là, Mélanie (qui tardait pendants des jours à répondre à mes questions) m’envoie un mail le lendemain, avec l’article corrigé – du moins qu’elle croit. Elle a l’air très pressée de savoir QUAND je pourrai publier son article!
(euh, jamais!)

Plutôt agaçant cette espèce de forcing.
Apparemment, j’ai été trop sympa dans la critique de son article.

Puis, c’est bien joli de suspecter, mais moi j’aime les preuves.
Et donc le plus simple est de… ?

Des fois, on embête la mauvaise personne.

Je téléphone donc à l’ESSEC, qui m’affirme que cette personne n’est pas dans leurs fichiers – ce qui ne m’étonne absolument pas. Franchement, à ce stade là, ça surprend qui?

Je retourne sur son profil Linkedin et vérifie sa photo… qui apparait alors sur la page d’une autre étudiante, qui elle, a un profil beaucoup plus détaillé. Elle a non seulement volé sa photo, mais à largement pompé son parcours professionnel et universitaire… !

Le nom est faux, l’école ne la connait pas, la photo est volée, et le parcours est largement inspiré d’un profil Viadeo (mais on va dire que c’est un « hommage », hein !)…

Elle n’est peut-être ni étudiante, ni Française, ni à Pékin, ni une fille…
*Super.*
Et c’est moi qu’elle vient emmârder.

Je vais lire son article « revu et corrigé »… Qui est toujours aussi nul, avec quelques fautes en moins… Et lui renvoie un mail.

Vous noterez ma subtilité quant à lui suggérer que je sais que c’est un fake.

NB: Mon mail est en vert, et le sien en violet, par ordre déchronologique.

Mélanie a donc oublié le français depuis qu’elle est à Pékin. Trop d’émotions, tout ça.


Conclusions : la prétendue Mélanie envoie des articles contenants des liens vers des sites commerciaux très louches pour en faire leur propagande et ceci à votre insu, des sites qui ne payeront pas pour de la pub sur vos blogs, car elle a encaissé les sous avant.

Dans le genre arnaques tordues…

Il est super ton « projet professionnel » Mélanie ! Mentir. Usurper une identité. S’inventer une vie. Arnaquer les blogueur/euses en leur refourguant des articles pourris. Mettre des liens douteux dans les articles. Avoir des méthodes mafieuses. etc
Je suis sidérée par tant de WTF dans la tête de certaines personnes…

Tiens, j’ai une nouvelle problématique pour ton mémoire c’est :
« Comment se faire démonter sur le net, en quelques mails ? » !


Sur un autre blog, elle est quand même allée jusqu’à vanter le KFC de Chine, comme si c’était la chaîne de restauration la plus éthique, impeccable et responsable du monde et de tout l’univers!
Alors que KFC, c’est plutôt ça : KFC : des vers vivants retrouvés dans le poulet !
(normal, ils sont périmés depuis des mois !)

Je n’ose même pas imaginer ce que ça doit être en Chine.

L’intégrité, tout ça…
Mélanie n’a, visiblement, pas seulement oublié son français à Pékin.

Mon dernier mail, et sans surprise, pas de réponse de l’intéressée.


On associe souvent la Chine avec les contrefaçons. Bravo Mélanie, grâce à toi, on associe la Chine avec contrefaçons, arnaques et foutages de gueule!

Ce post, c’est pour inciter les autres blogueur/euses à la méfiance, c’est aussi un avertissement : je vérifie tout ce qu’on me dit et j’aimerais assez ne pas être prise pour la dernière des débiles (l’égo, vous savez ce que c’est).

Pour ceux qui veulent quand même tenter, il ne faudra pas venir pleurer, si je vous consacre un petit article sur le blog. De rien. C’est gratuit!

EDIT Février 2014: Attention plusieurs blogueuses ont été contactées par une certaine « Marine » qui tente de leur faire le même coup!

Voir d’autres emails bizarres: Tenir un Blog.

Ah oui, pendant que j’y suis: quand vous mentez sur votre parcours:
assurez-vous d’avoir un minimum de culture!

Les produits de luxes : l’opium du peuple?

Pyramide de Maslow n’a qu’a bien se tenir.

Selon Maslow, l’humanoïde standard cherche d’abord à satisfaire chaque besoin d’un niveau donné avant de penser aux besoins situés au niveau immédiatement supérieur de la pyramide. Par exemple, nous recherchons à satisfaire les besoins physiologiques (manger) avant les besoins de sécurité (acheter une alarme pour la maison).

La pyramide de Maslow « normale ».


I/La Pyramide de Strategicalblog :

Sauf qu’en 2012, de plus de plus de catégories socioprofessionnelles moyennes, achètent des produits de luxe, largement au dessus de leur moyen.
Ces personnes vont donc se priver (pas de manger, mais d’acheter un truc utile, par exemple : un dictionnaire et un Bescherelle) pour dépenser des sommes incongrues dans un article de luxe.

Ceci dans le but au choix, de : frimer ou s’acheter une idée de bonheur, rendre sa vie plus glamour, quémander une reconnaissance sociale impossible à obtenir autrement.

La pyramide ‘Strategical’ du kéké.


* Et là, je vois déjà les commentaires « Oui, bin, c’est leur argent, ils font ce qu’ils veulent ». Auxquels je répondrai : « Oui, bin, c’est mon blog, j’écris ce que je veux. »*

Le but étant de démontrer comment les marques réussissent à s’imposer, en dépit de produits peu fiables.

II/ Les comportements des con-sommateurs :

Définition: Besoins, sentiments de manque éprouvé à l’égard d’un produit (ça fait un peu drogué, là), désirs (plus précis et matérialisé sous forme d’un produit), motivation (qui nous pousse à choisir une marque plutôt qu’une autre), attitudes (jeunisme, croyance, culte grotesque voué à Apple, etc) – provoqués en grande partie par le matraquage de publicités aux modes débiles.

Le kéké dans son milieu -presque naturel. Une espèce à l’égo hypertrophié, se multipliant très rapidement.


III/Les Techniques :

Après la manipulation des sens, nous allons voir comment les marques utilisent trois leviers à leurs avantages.

Selon Gregory Bateson : plus un apprentissage a été difficile, malaisé, douloureux ou même humiliant, moins l’individu est prêt à remettre en cause la valeur de ce qui lui a été enseigné. Cela signifierait en effet qu’il a investi et souffert pour rien.
Les exemples sont légion, surtout en informatique : attachement presque maladif affectif à un fabriquant de matériel informatique, logiciels, baladeurs numériques, smartphones et tablettes tactiles, en dépit de leurs défauts manifestes et/ou aucune réelle innovation par rapport au modèle précédent.

Lorsque les circonstances amènent une personne à agir en désaccord avec ses croyances, la dissonance cognitive entraîne chez l’individu un état de malaise, une tension psychologique désagréable. L’individu met donc en place une « stratégie » permettant de réduire cette tension.

Les marques en ont rêvé; vous l’avez fait.


Dissonance cognitive : « C’est cher, c’est moche, c’est inutile, mais bon c’est Apple® ! ». Vous noterez la « validité » de l’argument.

Vous pensez que j’exagère ? Voilà pourtant un avis trouvé au hasard sur un blog Beauté :
« Certes, le prix est élevé, certains accessoires ne sont selon moi pas utiles, mais (les produits) sont nettement à la hauteur, voir carrément géniaux ! Si je devais donner une note, je dirais 15/20, mais vraiment parce qu’il faut avouer que le packaging est terrible ! »

Ca en fait des contradictions en seulement quelques lignes! Donc, les articles achetés sont perçus comme géniaux grâce au packaging ! Tsss, quand je vous dis que l’image de marque, vous fait faire n’importe quoi.

Pour moi cet avis équivaut à : « J’aime tellement cette marque, qu’elle pourrait me vendre de la morve en pot, je me jeterais quand même dessus! ». Il faut être honnête avec soi-même.

L’effet Halo de Asch : Mettre une étiquette luxe sur des produits médiocres.

L’effet Halo de Asch démontre qu’en mettant une étiquette haut de gamme sur un vin (ou autre produit) médiocre, les con-sommateurs lui trouveront un meilleur goût (et vice et versa : en mettant une étiquette bas de gamme sur un vin réputé).

Là où l’effet Halo de Asch prend toute son ampleur c’est avec de … L’eau !

Bling H2O. Slogan: ‘Welcome to the life’.
Allez, on sait tous que c’est de l’eau du robinet !


Ainsi une personne buvant de l’eau (pardon : de l’H2O) Bling à 42$ la bouteille, trouvera que l’eau (pardon : de l’H2O) à un goût fabuleux…

Et puis vous êtes forcément intelligent, car vous utilisez la formule chimique de l’eau (que vous auriez été infoutu de citer, deux secondes auparavant)- en plus d’être élégants, bien entendu.
J’attends avec impatience la suite avec la bouteille H2O2.

Ajouté à cet habile, mais ridicule marketing, un cobranding avec Swarovski pour le design des bouteilles. Je ne mentionnerai pas le « joli goût » (Pretty Taste) comme argument à la vente.

L’Effet Mouton : suivre le troupeau ! Je n’ai pas besoin developper, à ce sujet je vous conseille de vous renseigner sur l’effet Milgram et le rôle de l’obéissance dans la société.
Avec le conformisme, l’individu est persuadé que ses motivations lui sont propres et qu’il n’imite pas le comportement du groupe.

L’argent n’achète pas le bonheur, mais peut acheter des Chamallow – ce qui est à peu près la même chose.
…J’avoue.

L’astuce de l’acheteur 2.0:

Pour les plus malin/es (et fauché/es) se reportent sur les dupes – copies légales et moins chères, permettent de s’offrir un produit exactement identique, la marque et le packaging en moins.
C’est notamment le cas pour les cosmétiques où les produits sont fabriqués dans les mêmes laboratoires où seul l’emballage est différent (voir les marques low-cost dans les cosmétiques et les composants).

Certaines entreprises ont leur propre marque low-cost, comme Philips avec Radiola, les produits sont les mêmes…moins chers ! Sans parler des marques tentaculaires (l’extension de marque).

Pour résumer; plus on est heureux, moins on achète?