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Bad Girls Club, la téléréalité: un cran en dessous.

Parlons un peu de Real TV : plus besoin de faire des sitcoms avec des acteurs qui jouent mal ; il y a tellement de candidats au fast-food de la célébrité low-cost maintenant !

Bad Girls Club Saison 5 à Miami. Nous vivons une belle époque, y’a pas à dire!

Alors qu’en France on reste sur (majoritairement) du Secret Story fade (directement adapté de Big Brother) avec quelques disputes bêbêtes et des pleurnichouilles à deux balles. W9 veut faire du lourd dans la beaufitude et lorgne du coté du pathétiquement célèbre « Jersey Shore » (dont le concept est de suivre une bande de ploucs alcooliques- je n’ai pas encore regardé un épisode complet, car j’ai peur d’atteindre le point de non retour avec ça) avec les «Ch’tis à Ibiza » (pareil: plus de moquerie sur le Ch’tis à Ibiza sur ici même). Je dois dire que W9 à bien choisis ses « candidats »… En outre, la géo-localisation « plage », ajoute un coté festif très télégénique (ça rappelle les vacances, tout ça). Et puis Ibiza, c’est fashieune.

Pour ma part, je suis scotchée de stupeur et d’effroi avec Bad Girls Club. La série en est déjà à la saison 7. Pour l’instant j’ai regardé la saison 4, 5, 6 et 7 – en cours de diffusion aux States.

Bad Girls Club Saison 5 à Miami. Plus violent que Dexter!

Le concept ?

On prend 7 folles jeunes femmes entre 21 et 29 ans (et ils ne prennent pas les plus moches : télégénie oblige), rebelles ->comprendre déjà arrêtées pour voie de fait, troubles sur la voie publique, atteintes aux bonnes moeurs etc, voire incarcérées, voire anciennes/actuelles toxicos pour certaines. (tout un programme…)

Elles sont dotées d’un physique, d’une grande gueule, mais de seulement 10 mots de vocabulaire et 3 neurones, et débarquent pour vivre pendant deux mois, dans un manoir hyper classssssieux à 6 millions d’€ (environ 8 millions de dollars USD) situé dans une grande ville étasunienne : Miami en Floride, Los Angeles en Californie, La Nouvelle Orléans en Louisiane. Gnagnagna.

Il n’y a pas d’élimination avec un vote du public ; les filles partent quand elles en ont assez que les autres soient si méchantes avec elles, snif-ouin-ouin. Toujours un grand moment d’émotion, pendant lequel, la Bad Girl essaye de rassembler ses affaires jetés, abîmés, déchirés ou cassés, partout dans la maison et les piscines par les autres filles.

Elle est ensuite remplacée par une autre Bad Girl, aussitôt détestée par les autres, car n’étant pas du casting originel.
Apparement (et bizarrement), aucune ne regarde les émissions précédentes (car elles méprisent les anciennes Bad Girls qui sont si faaaaaake), ou alors elles regardent, mais sont trop vaniteuses pour envisager que les autres filles ne s’applatissent pas devant elles, ou sont incapables de tirer les conclusions qui s’imposent…
(à savoir qu’elles vont toutes se ridiculiser).

Sur le site d'Oxygen, les commentaires sur les candidates sont pour la majorité insultants. Screen pris au hasard sur la page d'une candidate de la saison 7.

Elles peuvent sortir (chose impossible à Secret Story), téléphoner (bien qu’elles doivent laisser leur véritable téléphone et Ipod à la prod pendant la durée de l’émission), inviter leurs amis (aussi cinglés et grossiers qu’elles), inviter un gars (des fois, une fille) rencontré en boite pour passer la nuit et le virer comme un clodo le lendemain, aller au faire du shopping, se rendre chez le coiffeur (pour refaire les extensions), se faire une manucure (version ongles en plastique fluo pour dindes) ou son tatouage non pas tribal mais trivial (passage culte), bref mener une vie normale de fêtarde débile, soûle, superficielle, vaniteuse et agressive.

Piscine Miami. Avant que la valise d'une Bad Girl soit balancée dedans.

D’ailleurs, on appelle ça socialite en Anglais, c’est beau quand même, un mot pour ça… Fêtard/e qui glande…

En fait, vous l’aurez compris, vous qui me lisez et qui êtes si intelligent: il n’y a pas de concept, mis à part qu’elles se battent entre elle toute la journée et aussi (surtout) la nuit. C’est filmé à la Bervely Hills: vues aériennes de la ville et vue du manoir en début d’épisodes pour bien vous faire rager  rêver, cliffhanger à la fin, etc
Pour elles, le bénéfice est double : se faire connaitre rapidement et évidement accéder à une célébrité rapide, mais aussi cheap qu’un string synthétique fluo fabriqué dans une usine du tiers-monde, mais surtout, les Bad Girls ont envie de « vivre une expérience ‘amaaaazing’ pour réfléchir sur elles-mêmes, au sens de leur vie et à leur comportement blablablabla ». (et la marmotte….)

Miami PREND GARDE!!!!

C’est du LOURD !

SAUF QUE SAUF QUE SAUF QUE : les filles sont odieuses, insupportables, malveillantes, hystériques et s’hurlent dessus au moindre affront (ou phrase mal comprise, ou parce que l’autre fille a de plus belles extensions capillaires, ou … sans raison apparente), ensuite elles en viennent aux mains et se battent violemment en cassant tout dans la maison – à tel point que les cinq vigiles baraqués de la sécurité ont du mal à les séparer. D’ailleurs, en moins d’une journée le classieux manoir est entièrement saccagé (porte cassée, poignées arrachées, tous les vases et verres sont par terre, lancé de bouteilles en verre, tout est salis, vêtements et chaussure jetés au sol et dans les piscines, matelas et draps jetés dans le jardin, vomis, jetés de sceau à vomi (véridique), etc).

Han.

Souvent elles se battent dans la rue (ou à la plage comme à Miami – Saison 5) en poussant des cris strident ponctués d’injures de niveau en dessous de la ceinture, avec des civils lambda qui n’aiment pas l’émission et les insultes (‘b*tch’ est le mot le plus utilisé dans l’émission : environ 36 fois par minute) ou font juste un petit commentaire désagréable, tel que : ‘You’re not f*cking famous !’ (traduire par : vous n’êtes pas f*cking célèbres !).
Du coup, toutes les « Bad Girls » leur tombent alors dessus pour les maaaaassacrer !! Et « laver l’affront », mais surtout parce que tout se résout par la baston dans leur vie… bah, oui, c’est ça la « civilisation du XXIème siècle » ! Alors la police arrive et en arrête quelques unes (en général, celles qui ont dit « f*k you », ou « casse-toi » à l’agent) qui passent la nuit au poste.

Ca pleure, ça crie, et ça casse tout.

Bad Girls Club Villa Miami. Avec ce petit coté: "donner de la confiture aux cochons".

Bah. Au moins… On ne s’ennuie pas…

Ca choque, des filles qui se bagarrent aussi violement : ça fait du buzz, c’est à la fois drôle et affreux. Tout au profit de la production : Oxygen qui enchaine les succès avec ce type d’émission (un audimat record qui passe allègrement la barre du million – voire 2 millions, de téléspectateurs par épisode) et lance même des Spin-off (dérivés de la série) en veux-tu en voilà.

L’indigence intellectuelle au service du marketing…

Bad Girls Club Villa Miami de 8 millions de $.

Oxygen va vous faire rêver (ou faire faire des cauchemars, c’est selon).

NB: Les bagarres avec des vrais civils !

Tout au long des saisons, les BG se frittent entre elles mais aussi avec des civils aléatoires !
Ce la s’explique par l’impopularité du show et des filles. Quand elles sortent les Bad Girls sont insupportables, arrivent en braillant dans les club « BAD GIRLS CLUB WOOOOOOOHOOOOOW » (‘-_-), qu’elles sont très vulgaires (certaines sont stripteaseuses et ça se voit. Les autres ne sont pas stripteaseuses, mais ça ne ce voit pas), grossières (en mode : retentissantes poissonnières mitrailleuses d’insultes), qu’elles saccagent le manoir (et d’autres locaux) comme des clochardes en manque de drogue (ce qui est ûrement le cas de toute façon), et qu’elles balancent des verres et des bouteilles aux gens qui ne leur plaisent pas comme ça, et crachent aussi.

Et puis le fait de se balader de partout avec une limousine et avec les cameramen et se taper entre elles, n’aide pas non plus, niveau discrétion.

Bad Girls Club Villa Miami. L'une des piscines.

Bad Girls Club Villa Miami. L'une des piscines...Encore propre. Parce que je vous ai mis les images du début! ^^

Dans la saison 7, elles se sont battues dans la limousine (oui, la prod met à leur disposition, tous les soirs, une limousine noire qui vient les chercher pour aller en boite de nuit), donc elles se battent dans la « limo » en jetant tout l’alcool du bar sur leurs rivales, mais ça éclabousse toutes les autres, alors ça crie, ça s’insulte et ça se rebat toutes ensemble – du coup le chauffeur est obligé d’arrêter le véhicule, parce que ça devient trop dangereux de conduire sinon- vu que ça le déconcentre, et d’appeler au choix : le staff sécurité de la prod ou la police. (encore une fois) D’autres fois, elles se contentent de vomir dedans (saison 4).
Hînhînhîn, vous êtes dans une limousine; vous ne pouvez pas juste la fermer en regardant le paysage?

Comme vous le constatez, faire esclandre dans un lieu public, nightclub, hôtel (pendant les voyages) ou restaurant avec de vrais gens qui dînent^^ (saison 7), ne leur pose aucun problème.

Je dois dire que d’un point de vue sociologique, psychologique et même psychiatrique, c’est fascinant… Inquiétant, mais fascinant.
je suis fascinée par cette déchéance.
J’ai été plus choquée par cette émission que par tous les films d’horreur que j’ai vu. 0_0
C’est également inquiétant.
Est-ce que cette violence ne va pas être banalisée en présentant ces comportements comme glamour et cool?

Villa jour 1. Ensuite, c'est le drame! Oui, c'est bien du marbre au sol...

Tous les ingrédients du soap sont réunis (le coté folles incontrôlables est en bonus) :

• Les filles ont « un physique », certaines sont même très jolies, ça choque d’autant plus que ça tranche violemment avec leur comportement. Mais ça, c’est fait exprès.

• Et sont très apprêtées (même si elles font très cheap, mais ne nous arrêtons pas à ces détails inopportuns) : seins siliconés, rhinoplastie, candidates botoxées (véridique: une candidate avait fait des dizaines d’injections avant ses 20 ans), extensions capillaire, mini-shorts/jupes, strings qui dépassent, maquillage criard chargés, faux cils, sourcils refait au maquillage permanent, bronzage orange, décolletés, lentilles de couleurs, ongles en plastique, etc, comme je l’ai dit plus haut : ils n’ont pas pris les plus moches et avec tous ces artifices, n’importe laquelle est présentable (à condition d’aimer le genre: pétasse-méga-vulgaire).
Une salle entière du manoir est réservée à leur maquillage/coiffure. Une autre est réservée à leur garde-robe, ça s’appelle un dressing, oui, oui, et il est grand comme la moitié de mon appartement (et du votre aussi, sûrement).

• Un coté Glamour indéniable, même s’il est cheap : le manoir est hyper classieux, immense et moderne (avec une déco kitch bling-bling qui se glue splendidement dans « l’Ambiance Glamour low cost»), il y a deux piscines dehors, un jacuzzi, une piscine d’intérieur et un autre jacuzzi dans une des salles de bain pour les jours où il ferait un peu moins chaud… Une limousine noire avec la plaque et le logo rose de l’émission vient les chercher le soir pour sortir, il y a deux 4X4 pour la journée sinon.

• De la surconsommation made in USA : La nourriture est jetée à terre dès le premier soir, et dans le lit des Bad Girls (Saison 7). Il y a un grand frigo américain entièrement remplis de bières et d’autres boissons alcoolisées et plein de bars avec tous les alcools du monde partout dans la maison. Du coup, elles arrivent à être pire encore en étant soûlent du matin au soir.

• C’est tapageur, bruyant, tonitruant : il se passe toujours un truc (comprendre dispute ou bagarre).

• Tout plein d’activités tip top cool sont au programme :  fête alcoolisée du Mardi Gras à la Nouvelle Orléans (Saison 7), danse sur les chars de la Gay Pride, invitées dans les boites de striptease, show Miss Tee-shirt mouillé, etc – que du culturel hein ! et un voyage est toujours prévus dans la saison en cours (quelle destination ? Suspense !!).

Villa Miami inside.

Auditivement, c’est très fatiguant : quand les filles ne hurlent pas (90% de l’épisode de 45 min – chaque saison compte 13 épisodes + 2 de la « rencontre finale »), une musique électro-tapageuse est mise à fond. Et niveau conversation, un « bitch » est placé un mot sur deux. Quand au reste : c’est bippé – car trop vulgaire….
(Il faut dire qu’ils ont placé la barre très haut, aussi)

Souvent, les Bad Girls se font jeter ou pire refouler comme des malpropres des nightclub (sans parler des plaintes du voisinage). En cherchant un peu, on se rend compte que peu souhaitent être associés à l’image véhiculée par le concept de l’émission et ici.

Et là, c’est le drame ! Face aux mépris affiché des civils ou des propriétaires de clubs qui ne veulent pas d’elles (parce que ça commence à bien faire tout ce bazar, hein !), les Bad Girls laissent éclater leur frustration et leur colère sur tout ce que se trouve à un rayon de 5 kilomètres (des fois sur des gens, des fois sur des poubelles).
Bah, oui, elles ne comprennent pas et se demandent « pourquoi tant de haine ? ».


 Liens:

Bad Girls Club en StreamingExtraits de bagarres
Site officiel: Bad Girls Club Oxygen

Bonus:

screenshoots de la villa à la fin !
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NB: j’ai envoyé un mail à Oxygen (oui, en anglais) pour connaitre le coût des réparations, ils ne m’ont jamais répondu, apparemment la somme est confidentielle…